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Reprise sport après accouchement: guide pour un retour progressif

Par l'équipe du Kit des ParentsEn savoir plus

⚠️ Information importante : Cet article est fourni à titre informatif et ne remplace en aucun cas l'avis d'un professionnel de santé. Consultez toujours votre médecin ou pédiatre pour toute question médicale.

Donner naissance à un enfant, c'est une véritable métamorphose, autant pour votre vie que pour votre corps. C'est pourquoi la reprise du sport après l'accouchement demande une approche toute en douceur, progressive et pleine de bienveillance. En général, on s'y remet tranquillement après la visite postnatale des 6 à 8 semaines et une fois que la rééducation du périnée est bien entamée, voire terminée.

Pourquoi votre approche du sport doit changer

Après neuf mois de grossesse et l'intensité de l'accouchement, votre corps a de nouveaux besoins. Tenter de reprendre vos anciennes routines sportives comme si de rien n'était serait non seulement peu réaliste, mais pourrait même être risqué. La priorité absolue n'est pas de battre des records ou de perdre du poids à toute vitesse, mais bien de reconstruire vos fondations de l'intérieur.

Cette période unique, le post-partum, est une phase de récupération intense. Vos hormones sont encore en plein chamboulement, vos ligaments sont plus souples et vos muscles profonds, en particulier le périnée et la sangle abdominale, ont été mis à rude épreuve. Faire l'impasse sur ces changements, c'est s'exposer à des blessures ou à des soucis sur le long terme, comme des fuites urinaires ou des douleurs pelviennes.

Les bienfaits d'une reprise adaptée

Aborder le retour à l'activité physique avec patience et méthode, c'est un cadeau que vous vous faites. Loin d'être juste un moyen de "retrouver son corps d'avant", le sport devient un allié puissant pour votre bien-être général.

  • Pour le moral : Une activité physique adaptée réduit considérablement le risque de dépression du post-partum, qui touche 10 à 15 % des jeunes mamans en France selon la Haute Autorité de Santé (HAS). Bouger aide vraiment à améliorer l'humeur et à faire baisser le niveau de stress.

  • Pour l'énergie et la récupération : Un peu d'exercice modéré, c'est un excellent moyen de rebooster votre niveau d'énergie, souvent en berne avec les nuits hachées. Cela aide aussi à apaiser les petites douleurs musculaires et les tiraillements dans le bas du dos, si fréquents après une grossesse.

  • Pour se reconnecter à son corps : Le mouvement vous permet de vous réapproprier en douceur ce corps qui a tant changé, de reprendre confiance en ses capacités et de retrouver une certaine aisance, ce qui peut aussi faciliter un retour en douceur à l'intimité.

L'idée n'est pas d'effacer les traces de la maternité, mais plutôt de construire une nouvelle version de vous-même : plus forte, plus à l'écoute de votre corps et parfaitement en phase avec votre nouvelle vie de maman.

Pour vous aider à traverser cette période aussi merveilleuse que complexe, il est essentiel de bien comprendre tout ce qui se joue pendant le post-partum. N'hésitez pas à consulter notre guide complet sur la naissance et le post-partum pour y trouver des repères précieux.

Poser les bases essentielles avant de penser performance

Avant même de songer à enfiler vos baskets, il y a quelques étapes incontournables. Pensez-y comme les fondations de votre reprise sportive : si elles ne sont pas solides, tout le reste risque de s'effondrer. Pour un retour à l'activité physique à la fois sûr et durable, deux points sont absolument non négociables.

Le premier, c'est votre bilan postnatal. Ce rendez-vous, généralement fixé entre 6 et 8 semaines après la naissance, est bien plus qu'une simple formalité. C'est le véritable feu vert de votre médecin ou de votre sage-femme, qui confirme que votre corps a bien récupéré et que vous pouvez commencer à bouger en douceur.

La rééducation du périnée : une priorité absolue

Le second pilier, tout aussi crucial, c'est la rééducation du périnée. Imaginez votre périnée comme un hamac qui soutient vos organes. Après neuf mois à porter votre bébé et l'épreuve de l'accouchement, il est forcément fatigué et a besoin d'être retonifié.

Reprendre une activité, surtout avec des impacts (comme la course ou les sauts), sans l'avoir renforcé vous expose à des désagréments très concrets :

  • Des fuites urinaires quand vous toussez, riez ou faites un effort
  • Une sensation de pesanteur désagréable dans le bas-ventre
  • Un risque plus élevé de descente d'organes (prolapsus) sur le long terme, affectant jusqu'à 50% des femmes ayant accouché selon l'Assurance Maladie

C'est pourquoi il est essentiel de commencer cette rééducation avec une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé avant d'envisager quoi que ce soit de plus intense.

Jeune maman en tenue de sport faisant des exercices de rééducation périnéale et abdominale après accouchement, illustrant les bienfaits du sport post-partum pour le bien-être physique et mental

Comprendre et gérer le diastasis des grands droits

En parallèle du périnée, il faut s'occuper de votre sangle abdominale. Vous avez peut-être entendu parler du diastasis des grands droits ? C'est tout simplement un écartement des muscles de l'abdomen, au niveau de la ligne blanche. C'est très fréquent après une grossesse et c'est ce qui peut donner l'impression de garder un petit "ventre de femme enceinte".

Attention : tant que cet écart est là, certains exercices sont à proscrire. Les "crunchs" classiques, par exemple, sont votre pire ennemi. Ils poussent les organes vers l'avant et vers le bas, ce qui aggrave à la fois le diastasis et la pression sur votre périnée déjà fragilisé.

Votre professionnel de santé vous apprendra à évaluer cet écart et vous montrera les bons gestes. L'idée est de travailler les muscles profonds, comme le transverse, pour resserrer cette sangle de l'intérieur. C'est la seule approche qui fonctionne vraiment pour retrouver un ventre tonique et fonctionnel.

Le timing est évidemment clé. Pour vous aider à y voir plus clair, voici un aperçu des délais recommandés.

Calendrier de reprise sportive post-partum

Ce tableau synthétise les délais recommandés et les étapes clés pour reprendre le sport en toute sécurité, que l'accouchement ait eu lieu par voie basse ou par césarienne.

Délai post-accouchementÉtape cléActivités recommandéesPoints de vigilance
0 - 6 semainesRepos et récupérationRepos, marche très douce, respiration profonde, exercices de plancher pelvien (après avis médical)Écouter son corps, éviter tout effort.
6 - 8 semainesBilan postnatalMarche, natation douce (après cicatrisation), yoga postnatal, Pilates adapté.Attendre le feu vert médical. Début de la rééducation du périnée.
8 - 12 semainesRééducation activeRenforcement musculaire doux et progressif (sans poids lourds), vélo d'appartement.Vérifier le diastasis. Éviter les exercices à fort impact et les "crunchs".
Après 12 semainesReprise progressiveAugmentation progressive de l'intensité et de la durée. Réintroduction des sports à faible impact.Toujours pas de fuites ou de douleurs. Continuer le renforcement profond.

Chaque femme et chaque corps est unique. Ce calendrier est une feuille de route générale ; l'essentiel est de l'adapter à votre propre rythme et à vos sensations.

N'oubliez pas que votre corps a aussi besoin d'un carburant adapté, surtout si vous allaitez. Pour bien comprendre les besoins nutritionnels spécifiques de cette période, consultez notre guide complet sur l'allaitement et notre article sur l'alimentation pendant la grossesse qui contient aussi des conseils post-partum.

Construire votre plan de reprise sportive post-partum, pas à pas et à votre rythme

La clé d'un retour au sport réussi et surtout, durable, tient en un seul mot : progressivité. Oubliez vos performances d'avant-grossesse pour l'instant. L'objectif est tout autre : il s'agit de reconstruire votre corps de l'intérieur, en apprenant à écouter attentivement chacun de ses signaux.

Maman pratiquant du yoga postnatal doux sur un tapis avec son bébé, illustrant la reprise progressive du sport après accouchement avec des exercices adaptés sans impact

Pensez à cette reprise comme une montée en puissance par paliers. On commence par les fondations, en réactivant les muscles profonds, bien avant de songer au cardio ou à l'intensité. Chaque étape consolide le terrain pour la suivante.

Les fondations : se reconnecter à son corps après l'accouchement

Cette toute première phase peut souvent commencer assez tôt après l'accouchement, à condition d'avoir le feu vert médical. Elle se concentre sur des mouvements internes, subtils mais incroyablement efficaces.

On démarre avec le travail de la respiration. Apprendre à respirer avec le diaphragme, c'est bien plus que de la relaxation. C'est un véritable massage pour vos organes internes et la première étape pour engager en douceur le transverse, votre gaine naturelle.

Les exercices hypopressifs sont aussi de précieux alliés. En travaillant en apnée expiratoire, on aide les organes à remonter et on tonifie la sangle abdominale et le périnée sans créer de pression néfaste vers le bas.

Une routine de départ possible (10-15 minutes par jour) :

  • Respiration diaphragmatique : Allongée sur le dos, placez une main sur votre ventre. Inspirez par le nez en le laissant se gonfler comme un ballon. Expirez lentement par la bouche, en sentant votre nombril se rapprocher de la colonne.
  • Engagement du transverse : À quatre pattes, dos neutre. En expirant, "aspirez" votre nombril vers le haut et l'intérieur, comme si vous vouliez faire un câlin à votre colonne, sans bouger le reste du dos.
  • Contractions douces du périnée : Sur l'expiration, imaginez que vous retenez une envie ou remontez une fermeture éclair interne. Surtout, relâchez complètement sur l'inspiration. C'est tout aussi important.

Le mouvement doux : réactiver le corps sans impact

Une fois que vous êtes à l'aise avec ces bases et que votre rééducation du périnée est bien engagée, il est temps d'intégrer un peu de mouvement global. Et pour ça, votre meilleure amie, c'est la marche.

Elle relance en douceur le système cardiovasculaire sans imposer le moindre choc à votre périnée ou à vos articulations. Commencez par des balades de 20 à 30 minutes, puis allongez progressivement la durée et l'allure. C'est aussi un excellent moyen de s'aérer la tête, avec ou sans la poussette.

L'essentiel est de rester à l'écoute de vos sensations. Aucune lourdeur dans le bas-ventre, aucune douleur, aucune fuite urinaire ne doit être ressentie. Si c'est le cas, c'est un signal clair de votre corps : il faut ralentir.

Quand la marche devient une formalité, vous pouvez explorer d'autres activités douces, parfaitement adaptées au post-partum.

  • La natation ou l'aquagym : L'eau vous porte, ce qui élimine les impacts. C'est parfait pour travailler tout le corps et le cardio en toute sécurité. Patientez jusqu'à la cicatrisation complète, surtout après une césarienne.
  • Le yoga postnatal ou le Pilates adapté : Ces disciplines sont spécialement pensées pour les jeunes mamans. Elles mettent l'accent sur le renforcement du centre du corps (périnée, transverse), l'amélioration de la posture et la souplesse.

L'étape suivante : le retour progressif aux sports à impact

C'est la phase que beaucoup de sportives attendent avec impatience, mais c'est aussi la plus délicate. Revenir à la course à pied, au HIIT ou aux cours de fitness avec des sauts ne doit se faire que si plusieurs conditions sont réunies.

Les feux verts indispensables avant de reprendre l'impact :

  1. Votre rééducation périnéale et abdominale est terminée et validée par votre sage-femme ou kiné.
  2. Vous n'avez aucune fuite urinaire, même en toussant ou en éternuant.
  3. Vous ne ressentez aucune pesanteur pelvienne pendant ou après vos séances sans impact.
  4. Au moins 3 à 4 mois se sont écoulés depuis la naissance.

Pour la course à pied, par exemple, la reprise doit être extrêmement graduelle. Lancez-vous avec un programme qui alterne marche rapide et course très lente sur de courtes durées (par exemple, 1 minute de course puis 2 minutes de marche). Portez une attention particulière à votre posture et à l'engagement de votre sangle abdominale à chaque foulée. Votre corps a besoin de temps pour se réhabituer aux chocs répétés.

Et si j'ai eu une césarienne ?

On ne le répétera jamais assez : une césarienne est une véritable intervention chirurgicale. Ce n'est pas "juste" un accouchement. Cette nuance change tout dans l'approche de la reprise sportive. Votre corps a subi une opération abdominale importante et a besoin d'un temps de guérison bien spécifique. La patience devient votre meilleure amie.

Concrètement, il faut compter au minimum 8 semaines avant d'envisager une reprise, et ce, uniquement après avoir obtenu le feu vert de votre médecin. La priorité absolue ? La cicatrisation. Pas seulement celle que vous voyez sur votre peau, mais aussi toutes les couches de tissus en dessous qui ont été sectionnées. Griller les étapes, c'est risquer des complications qui pourraient vous freiner bien plus longtemps.

Chouchoutez votre cicatrice

Avant même de songer à enfiler vos baskets, la première chose à faire est de prendre soin de votre cicatrice. Une fois que votre médecin ou sage-femme vous confirme que tout est bien refermé et que les fils ou agrafes ont été retirés, le massage devient un rituel essentiel.

Avec une crème ou une huile adaptée, massez doucement la zone tous les jours. Ce geste tout simple est incroyablement bénéfique pour :

  • Éviter les adhérences : Le massage empêche les différentes couches de tissus de "se coller" entre elles, un phénomène qui peut créer des douleurs et des tiraillements à long terme.
  • Gagner en souplesse : Il assouplit la peau, rend la cicatrice moins rigide et plus confortable au quotidien.
  • Se reconnecter à son corps : C'est aussi une façon de vous réapproprier cette zone qui peut parfois sembler "étrangère" après l'opération.

Écoutez-vous, vraiment. Si un mouvement tire, pique ou génère le moindre inconfort au niveau de la cicatrice, c'est que votre corps vous dit "stop". Ralentissez, faites une pause. Il n'y a absolument aucune course à gagner. Assurez-vous d'avoir une trousse de pharmacie bien équipée pour gérer les petits bobos du quotidien.

Les tout premiers mouvements : la douceur avant tout

Quand vous aurez le feu vert et que vous vous sentirez prête, les premiers exercices doivent être d'une extrême douceur. Oubliez la performance, l'idée est simplement de réveiller le corps sans mettre la moindre pression sur votre sangle abdominale.

Allongez-vous sur le dos et commencez par des exercices de respiration diaphragmatique. C'est la base de tout. Cet exercice active en douceur le muscle transverse (votre gaine naturelle) sans aucune contrainte sur la cicatrice. Vous pouvez ensuite ajouter de très légères bascules du bassin d'avant en arrière pour mobiliser la zone en douceur.

La marche est, là encore, votre meilleure alliée. Commencez par des balades très courtes, sur du plat, en étant hyper attentive à vos sensations. Pour la natation, il faudra attendre un peu plus longtemps, que la cicatrisation soit totalement terminée, à l'intérieur comme à l'extérieur. Le crawl et le dos crawlé seront alors de bonnes options pour reprendre sans impact.

Apprenez à écouter votre corps : les signaux d'alerte à ne pas ignorer

La reprise du sport après l'accouchement est un chemin très personnel. Dans cette aventure, votre corps est de loin votre meilleur guide. La compétence la plus précieuse que vous puissiez développer est d'apprendre à décoder ses messages. Passer outre un signal d'alerte, c'est prendre le risque d'une blessure qui pourrait vous mettre sur la touche bien plus longtemps qu'une simple pause.

Votre corps a vécu des bouleversements incroyables. Il est donc tout à fait normal qu'il vous envoie des signaux quand un effort est trop intense, arrive trop tôt ou n'est tout simplement pas adapté. Voyez ces alertes non comme des échecs, mais comme des informations précieuses pour ajuster votre pratique. C'est la clé d'une progression saine et qui dure.

Les feux rouges à ne jamais griller

Certains symptômes doivent vous faire stopper net votre activité. C'est un stop immédiat, et parfois, cela mérite un appel à votre médecin, sage-femme ou kinésithérapeute. Ces signaux indiquent que vos fondations – en particulier votre périnée et votre sangle abdominale – ne sont pas encore prêtes à encaisser ce type d'effort.

Voici les alertes les plus fréquentes :

  • Fuites urinaires : Même si ce ne sont que quelques gouttes pendant un effort (un saut, en toussant ou en soulevant une charge), c'est le signe que votre périnée est dépassé. Il est alors impératif d'arrêter toute activité à impact et de vous concentrer sur le renforcement de votre plancher pelvien.
  • Sensation de pesanteur pelvienne : Si vous ressentez un poids, une lourdeur dans le bas-ventre pendant ou après votre séance, c'est une alerte à prendre très au sérieux. Cela peut signaler une faiblesse des ligaments de soutien et un risque de prolapsus (descente d'organes).
  • Douleurs : Une douleur aiguë au bassin, au pubis, dans le bas du dos ou au niveau de votre cicatrice (césarienne ou épisiotomie) n'est jamais normale. Oubliez le fameux "no pain, no gain", il ne s'applique absolument pas ici.
  • Saignements inattendus : Si les saignements post-accouchement (les lochies) réapparaissent alors qu'ils s'étaient arrêtés, c'est que votre utérus n'a pas fini de cicatriser. L'effort était trop violent.

La règle d'or est simple : si quelque chose vous semble bizarre ou douloureux, arrêtez-vous. Mieux vaut prendre un jour de repos pour analyser la situation que de forcer et de devoir tout stopper pendant des semaines.

Comment réagir face à un signal d'alerte ?

Si vous rencontrez l'un de ces symptômes, surtout, ne paniquez pas. La toute première chose à faire est de baisser l'intensité d'un cran. Si vous étiez en train de courir, revenez à de la marche rapide. Si vous faisiez du renforcement, baissez les charges ou revenez à des exercices de base, au poids du corps.

Ensuite, parlez-en à votre professionnel de santé. Il pourra réévaluer la tonicité de votre périnée, jeter un œil à votre posture et vous donner des exercices correctifs sur mesure. Parfois, il suffit juste de modifier légèrement un mouvement ou de mieux apprendre à engager son transverse pour que tout rentre dans l'ordre.

Écouter ces signaux, ce n'est pas de la faiblesse, c'est simplement faire preuve d'intelligence dans sa pratique sportive.

Rester motivée et intégrer le sport dans votre nouvelle vie de maman

La théorie, c’est bien beau, mais soyons honnêtes : la réalité est souvent bien différente. Entre les nuits hachées, les tétées ou les biberons à n'en plus finir et les besoins constants de votre bébé, l'idée même de trouver du temps pour faire du sport peut sembler relever de la science-fiction.

Alors, retenez bien ceci : la clé n'est pas de viser la perfection, mais la régularité et, surtout, la bienveillance envers vous-même.

L'un des plus grands défis de la reprise du sport après l'accouchement se joue dans la tête. Il faut accepter que votre quotidien a été complètement chamboulé. Les longues séances de sport planifiées bien à l'avance ? Oubliez-les, du moins pour un temps. La nouvelle règle du jeu, c'est la flexibilité.

Oubliez la séance parfaite, visez le "déjà fait"

Votre meilleur allié dans cette nouvelle aventure, c'est le "micro-entraînement". Laissez tomber la pression de devoir faire une heure de sport. Une session de 15 minutes pendant que bébé fait une sieste, c'est déjà une immense victoire. C'est infiniment plus efficace que d'attendre ce créneau idéal qui, soyons réalistes, n'arrivera peut-être jamais.

L'autre secret, c'est d'intégrer le mouvement à votre routine, sans même y penser. Transformez les moments du quotidien en opportunités :

  • La poussette, votre nouvelle salle de sport : Au lieu de prendre la voiture pour une petite course, marchez. Accélérez le pas entre deux lampadaires pour faire monter un peu le cardio. C’est simple, mais ça marche !
  • Le duo maman-bébé : De nombreuses postures de yoga ou de Pilates peuvent se faire avec votre enfant à vos côtés. Vous pouvez même l'intégrer doucement à vos mouvements, ce qui l'amusera beaucoup.
  • Le renforcement "invisible" : Faites quelques squats en tenant bébé dans vos bras (en toute sécurité, bien sûr !) ou pratiquez vos exercices de plancher pelvien en lui donnant le biberon. Personne ne le saura, mais votre corps vous remerciera.

Votre nouvelle vie de maman est déjà un marathon. Ne vous imposez pas un sprint en plus. Chaque petit pas, chaque minute de mouvement compte et nourrit votre bien-être. Célébrez chaque effort, même le plus petit.

Créer un planning qui tient la route (la vraie !)

Pour vous aider à visualiser comment intégrer ces moments, voici quelques exemples de plannings. Voyez-les comme des suggestions à adapter à votre énergie du jour et à l'emploi du temps (souvent imprévisible) de votre bébé.

Exemple de planning pour les premières semaines (phase douce) :

JourActivitéDuréeLe bon moment
LundiMarche rapide en poussette30 minPendant la promenade du matin
MardiRenforcement profond (périnée, transverse)15 minPendant la sieste de bébé
MercrediRepos ou étirements doux10 minLe soir, une fois au calme
JeudiMarche en poussette30 minPour la sortie de l'après-midi
VendrediYoga postnatal (vidéo en ligne)20 minPendant une autre sieste
SamediBalade en famille (forêt, parc)VariablePour profiter du week-end
DimancheRepos complet-Juste récupérer !

Cette approche en douceur est non seulement plus sûre, mais elle vous aide surtout à construire une routine durable. C’est crucial, surtout quand on doit jongler avec les défis de la parentalité et la reprise du travail après un congé maternité.

Si vous doutez, puisez votre inspiration chez les athlètes professionnelles. Une étude menée par l'INSEP (Institut National du Sport, de l'Expertise et de la Performance) a montré qu'environ 50 % des athlètes de haut niveau ayant eu un enfant durant leur carrière retrouvent le chemin de la compétition. Mieux encore, 80 % d'entre elles sont convaincues qu'il est possible de revenir à leur meilleur niveau. Cela prouve bien qu'une reprise structurée et patiente est la clé du succès, même au plus haut niveau. Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le guide INSEP sur le parcours des sportives de haut niveau devenues mères.

Enfin, n'oubliez pas de soutenir votre corps de l'intérieur. Pensez à bien vous hydrater et à privilégier une alimentation riche en nutriments, surtout si vous allaitez. Votre énergie dépend autant de ce que vous mettez dans votre assiette que de votre sommeil. Pour plus de conseils sur l'organisation post-partum, consultez notre guide pour préparer l'arrivée de bébé.

Vos questions, nos réponses pour une reprise sportive en toute sérénité

Même avec le meilleur plan du monde, on a souvent encore plein de questions qui trottent dans la tête. C'est bien normal ! Reprendre le sport après avoir eu un bébé, c'est un peu comme redécouvrir son corps.

Questions Fréquentes

Non, du moins pas au début. Les crunchs classiques créent une pression énorme vers l'avant et vers le bas. Cette pression s'exerce directement sur votre périnée en convalescence, augmentant le risque de fuites urinaires ou de descente d'organes. Si vous avez un diastasis des grands droits (écartement des abdos), les crunchs vont pousser vos organes vers l'extérieur, aggravant le problème.

La priorité : reconstruire votre sangle abdominale de l'intérieur en commençant par le transverse. Privilégiez le gainage adapté (planche sur les genoux) et les exercices de respiration hypopressive, toujours sous supervision d'un kiné ou d'une sage-femme.

Oui, absolument ! Une activité physique modérée ne pose aucun problème pour l'allaitement selon l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Elle n'impacte ni la quantité ni la qualité de votre lait. Au contraire, vous sentir bien dans votre corps est bénéfique pour votre lactation.

Conseil pratique : Donnez la tétée ou tirez votre lait juste avant votre séance pour plus de confort. Hydratez-vous bien !

Note : Une séance très intense peut temporairement augmenter l'acide lactique dans le lait et changer un peu son goût, mais c'est sans danger pour bébé.

Le running est un sport à fort impact qui nécessite une reprise progressive. Attendez minimum 3 à 4 mois après l'accouchement selon les recommandations du Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF).

Les conditions indispensables :

  • Rééducation du périnée et des abdominaux terminée et validée
  • Aucune lourdeur ou pesanteur dans le bas-ventre
  • Tolérance zéro pour les fuites urinaires, même minimes

Test simple : Sautillez sur place. Si tout reste en place sans symptômes, c'est bon signe que votre périnée est prêt.

Le secret : redéfinir ce qu'est une 'séance de sport'. Oubliez l'heure bloquée à l'avance.

Misez sur des sessions courtes mais fréquentes. 15 minutes pendant la sieste sont plus efficaces qu'une heure que vous ne caserez jamais.

Intégrez le mouvement au quotidien :

  • Marchez d'un bon pas pour les courses
  • Faites des squats en attendant que l'eau bouille
  • Pratiquez des exercices de périnée en donnant le biberon

La clé : la régularité, pas la durée.

Le yoga postnatal et le Pilates adapté peuvent généralement être repris 6 à 8 semaines après l'accouchement, après votre bilan postnatal et le feu vert de votre médecin ou sage-femme.

Ces disciplines douces sont idéales pour :

  • Renforcer le périnée et le transverse
  • Améliorer la posture
  • Récupérer en souplesse
  • Gérer le stress du post-partum

Choisissez des cours spécifiquement étiquetés 'postnatal' qui évitent les postures à risque et se concentrent sur la reconstruction progressive.

La rééducation du périnée dure généralement 10 à 20 séances, prescrites par votre médecin ou sage-femme lors de la visite postnatale. La durée exacte dépend de votre situation personnelle.

Cette rééducation est prise en charge à 100% par l'Assurance Maladie. Elle peut se faire :

  • Par voie manuelle avec une sage-femme ou un kinésithérapeute
  • Par électrostimulation
  • Par biofeedback

Ne la négligez pas : c'est la fondation de toute reprise sportive sécuritaire.

Oui, mais pas immédiatement et pas n'importe comment. Attendez au minimum 3 mois et après validation de votre rééducation périnéale et abdominale.

Commencez par :

  • Des charges très légères
  • Des mouvements au poids du corps
  • Un focus sur la technique et la respiration
  • L'engagement du transverse à chaque exercice

Évitez absolument :

  • Les charges lourdes au-dessus de la tête
  • Les exercices qui créent une forte pression abdominale
  • La manœuvre de Valsalva (bloquer sa respiration en poussant)

L'accompagnement d'un coach spécialisé post-partum est fortement recommandé.

📚 Sources et références

Cet article a été rédigé en s'appuyant sur l'expérience de notre équipe et sur des sources fiables :

  • Recommandations officielles de la Haute Autorité de Santé (HAS)
  • Conseils du site Ameli.fr (Assurance Maladie)
  • Publications de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
  • L'expérience parentale de notre équipe éditoriale

Dernière mise à jour : 25 janvier 2026